Dr Denis Fortier

Originaire du Manitoba, c’est dans la campagne qui l’a vu grandir, à Notre-Dame-de-Lourdes, que Denis Fortier choisit d’exercer sa vocation : la profession de médecin de famille. Une décision au carrefour des relations humaines et de sa passion pour les sciences médicales.

« J’ai toujours voulu devenir médecin afin d’être en mesure d’aider les gens de toutes les manières possibles, raconte-t-il. Au cours de mes études, j’ai très vite réalisé que tout me plaisait, m’occuper d’enfants comme de personnes âgées ou de femmes enceintes. C’est la raison pour laquelle je me suis dirigé vers une profession qui me permettait de tout faire à la fois.

« Travailler au rural enfin, c’était pouvoir établir de vrai liens avec les familles, précise-t-il. Lorsque je rencontre un patient, je connais son histoire et sa famille, c’est beaucoup plus facile dès lors de dresser un portrait vraiment personnel de lui. »

La communauté francophone à coeur

C’est ainsi en août 1986 que le jeune titulaire d’un diplôme en médecine obtenu à l’Université du Manitoba, s’installe à Notre-Dame-de-Lourdes. Un village dans lequel, 27 années plus tard, Denis Fortier continue de prodiguer son aide et son savoir. « Une fois que je commence, je ne peux plus m’arrêter », aime-t-il plaisanter à ce sujet. Mais c’est avant tout un attachement inconditionnel à ses racines et à sa communauté francophone qui justifient aujourd’hui ce choix.

« Une fois sorti de l’adolescence, j’ai ressenti le besoin de revendiquer mes souches franco-manitobaines, explique-t-il. Depuis, cette fierté ne m’a jamais quitté. Je ne suis pas juste Franco-Manitobain, je veux être un bon Franco-Manitobain. Il n’est donc pas question, encore aujourd’hui, que j’exerce la médecine hors de ma communauté. »

Le français : Une valeur ajoutée indispensable

Mais au-delà de cette affirmation identitaire, pouvoir offrir des services en français à sa communauté relevait et relève toujours pour Denis Fortier d’un critère indispensable à la qualité des soins prodigués à ses patients.

« En étant francophone, je peux apporter une valeur ajoutée auprès de mes patients, souligne-t-il. En milieu rural comme en milieu urbain la langue est essentielle. En étant capable de communiquer dans la même langue que son patient, il me semble qu’une connexion personnelle s’établit, qu’il ressort beaucoup plus de son histoire et de son intériorité. »

« Dans le cas contraire, il devient beaucoup plus difficile d’établir de bons diagnostics car la personne est moins à l’aise et s’ouvre plus difficilement, continue-t-il. Sans parler du risque de mal comprendre ou de mal interpréter les choses.

« Être un bon médecin, c’est avant tout pouvoir communiquer, conclut-il. Au fond, c’est la qualité de l’ensemble de la visite qui est complètement changée selon le confort du patient. »

C’est donc cet exercice de communication intrinsèque à la qualité de la médecine, qui explique aujourd’hui la détermination de Denis Fortier à offrir des soins dans la langue de ses patients. À tel point qu’aujourd’hui, le médecin de famille en vient à espérer pouvoir un jour maîtriser la langue des Philippins et autres minorités qu’abrite Winnipeg et ses alentours.