Salimata Soro

Arrivée de Côte-d’Ivoire en 2010, Salimata Soro, alors enceinte de trois mois, a failli perdre son bébé à cause d’une anémie qui aurait pu être évitée si elle avait eu affaire à un médecin francophone.

En 2010, quand Salimata Soro est arrivée de Côte-d’Ivoire au Manitoba avec son jeune garçon de deux ans, Malick Hamed Koné, elle était enceinte de trois mois. Elle a tout de suite cherché un médecin de famille mais n’a pu trouver qu’un médecin anglophone.

Sujette aux vertiges, elle est tombée chez elle, ce qui a provoqué des saignements. Elle s’est rendue aux urgences de l’Hôpital Saint-Boniface où, malgré l’effort du personnel soignant, elle n’a pas non plus pu s’exprimer à sa guise dans sa langue maternelle : le français.

« Aux urgences, tout se passait en anglais, se souvient Salimata Soro. J’essayais de comprendre avec le peu d’anglais que je connaissais, mais vraiment, je ne savais pas ce qu’on me demandait. Le médecin qui s’occupait de moi s’est excusé de ne pas pouvoir parler français et il est allé me chercher quelqu’un qui en serait capable. »

L’espoir a été de courte durée. Salimata Soro a vu arriver une personne anglophone maîtrisant certes quelques mots de français, mais pas assez pour pouvoir discuter des douleurs de la jeune femme. « C’était terrible car je n’arrivais pas à lui expliquer que j’avais très mal au bas-ventre, confie Salimata Soro. Toutefois, ses quelques mots de soutien en français m’ont soulagée. Ça a quand même fait une différence. »

Une complication évitable

La future mère apprend finalement qu’elle souffre d’une carence en fer.

« Je crois bien que mon médecin de famille m’avait déjà parlé de mon besoin de fer, mais je n’avais pas compris le message en anglais, se rappelle Salimata Soro. Mon niveau d’anglais était tel que pour aller le voir, je devais prendre un dictionnaire! Je n’ai donc rien fait pour contrer mon anémie.»

Enfin du français

Finalement, Salimata Soro a accouché en janvier 2011, à l’Hôpital Saint-Boniface, d’une petite fille, Imane Myriam Koné. Si son accouchement a été pris en charge par une équipe toute anglophone, ce qui « est difficile à vivre car quand on a mal, on voudrait pouvoir s’exprimer dans sa langue », souligne-t-elle, le lendemain lui a enfin apporté un répit linguistique.

« C’est une infirmière francophone qui est venue me voir le lendemain de l’accouchement, se réjouit la mère ivoirienne. À elle, j’ai pu poser plein de questions et je comprenais tout ce qu’elle me disait. C’était vraiment plus facile! C’était très important pour moi d’avoir quelqu’un qui me comprend. »

Aujourd’hui, Salimata Soro n’a toujours pas pu trouver de médecin francophone, pour elle comme pour ses enfants. « Pour le moment ce n’est pas trop grave car mon niveau d’anglais s’améliore et nous n’allons chez le médecin que pour des visites de routine, conclut-elle. Mais si un jour il nous arrive quelque chose de sérieux, alors j’espère que je pourrai obtenir de l’aide en français. »