Sylvie Beaudry

Infirmière praticienne à l’Hôpital Saint-Boniface (HSB), Sylvie Beaudry a fait un choix, celui de placer sa propre vie au service des autres.

Attirée depuis toujours par le monde des blouses blanches, écouter, soigner et soulager ont toujours eu pour elle le goût de l’évidence. Une passion qui a su s’épanouir à travers le français, sa langue maternelle. « Je suis née dans une famille francophone et j’ai toujours parlé français, malgré l’environnement majoritairement anglophone, raconte-t-elle. Et dans un domaine comme celui de la santé, être bilingue fait une différence. »

En effet, c’est dès son plus jeune âge que Sylvie Beaudry prend la décision de se consacrer à la médecine. Titulaire d’un baccalauréat en sciences obtenu au Collège universitaire de Saint-Boniface, elle continue sur sa lancée à l’Université du Manitoba en obtenant un baccalauréat en nursing, puis à Ottawa, en complétant une maîtrise en sciences infirmières. Armée de connaissances, la jeune femme s’engage dans le milieu de la santé en tant qu’infirmière praticienne. « J’aime particulièrement mon métier pour l’indépendance qu’il permet, confie Sylvie Beaudry. Notre champ de pratique est élargi et nous avons la chance de prendre soin de notre propre clientèle. Nous avons l’opportunité d’examiner nos patients, de poser des diagnostiques ou encore de demander une analyse sanguine, une radio ou une IRM. Cela nous laisse une grande marge de manœuvre. »

Lorsqu’elle arrive, il y a une quinzaine d’années, au Centre de santé Saint-Boniface qui prône un service bilingue pour la population francophone, sa pratique de la langue française devient soudainement un besoin indispensable et précieux. Sylvie Beaudry constate en effet à quel point communiquer avec les francophones dans leur langue maternelle est crucial. « Lorsque les personnes âgées arrivent à la fin de leur vie, ils retournent presque toujours à leur langue maternelle, explique Sylvie Beaudry.Et c’est sans compter les maladies qui peuvent les affecter à cet âge. Dans le cas d’un accident cérébral vasculaire par exemple, bien souvent, seule la première langue demeure. Là, il faut être capable de les examiner et de leur parler. »

En 2009, Sylvie Beaudry choisit de se diriger vers le service pédiatrique de l’HSB. Elle constate que le besoin est le même et son bilinguisme ne cesse de constituer un atout remarquable. « J’ai toujours été intéressée par le milieu de la petite enfance, confie-t-elle. Mais comment approcher un bébé d’un an qui ne te comprend pas? Comment adresser à ses parents?

« Dans ma section, les francophones viennent systématiquement me voir car je suis la seule à pouvoir m’exprimer en français, précise-t-elle. Ils ont moins peur, se sentent plus en confiance parce que je peux les comprendre.

« Pouvoir communiquer dans la langue de nos patients c’est pouvoir leur offrir de meilleurs soins, conclut-elle. Cela diminue l’anxiété, cela aide à comprendre et cela permet d’être plus réactif. C’est une vraie différence. »