Lorette Beaudry Ferland - digne représentante de sœur Margaret-Teresa-McDonell

Lorette Beaudry Ferland est devenue, le 3 novembre dernier, la quatrième récipiendaire du Prix Margaret-Teresa-McDonell décerné par Santé en français.

Quatre fois remis depuis sa première édition en 2009-2010, le Prix Margaret-Teresa-McDonell de Santé en français reconnaît l’engagement et la contribution exceptionnels d’un(e) professionnel(le) de la santé ou des services sociaux aux services en français dans son milieu de travail.

Si elle n’a pas été formée en santé ou service social, l’engagement bénévole sans pareil de Lorette Beaudry Ferland depuis plus de 30 ans envers les services en français dans ces deux domaines, entre autres, a fait d’elle la personne à couronner en 2016.

« Depuis 30 ans, elle fait preuve d’un engagement profond et exemplaire envers la communauté francophone pour l’offre de services de santé et sociaux en français de qualité, affirme le directeur général de la Corporation catholique de la santé du Manitoba (CCSM), Daniel Lussier, qui a proposé sa candidature au jury. Elle est animée par la même mentalité que les Sœurs Grises : devant un besoin, elle agit. »

Daniel Lussier en sait quelque chose puisque Lorette Beaudry Ferland a été sa présidente à la CCSM de décembre 2011 au 2 novembre 2016.

Avant cela, elle a notamment contribué à créer le Consortium national de formation en santé, qui a permis la mise sur pied de baccalauréats en sciences infirmières et en service social en français à l’École technique et professionnelle de l’Université de Saint-Boniface, le Centre de ressources Santé en français en 1992, ou encore le Centre de santé Saint-Boniface en 1999, en plus d’avoir été impliquée pendant quelque 25 ans dans les œuvres de la CCSM avant d’en prendre la présidence.

« J’ai toujours été à la bonne place au bon moment, précise Lorette Beaudry Ferland, mais j’ai aussi toujours osé avancer sur les dossiers, même ceux qui semblaient difficiles, en amenant les gens qui pourraient faire une différence à s’asseoir ensemble. Je n’ai pas travaillé seule, toutefois j’ai fait en sorte que les choses arrivent. »

Le projet du Centre de santé Saint-Boniface, par exemple, a duré près de 20 ans avant son ouverture. « C’était un nouveau modèle dans le quartier donc il fallait tout développer alors qu’on manquait de ressources humaines - médecins et infirmières - francophones, se souvient-elle. Ça m’a demandé beaucoup d’énergie, de patience et de conviction pour motiver les personnes à travailler sur ce dossier, mais on a finalement réussi! »

Lors de ses cinq ans de présidence de la CCSM, Lorette Beaudry Ferland a aussi assuré le développement d’un outil d’évaluation pour les communautés de service de la Corporation, ainsi que celui du projet compassion.

« Le projet compassion a apporté un changement d’approche majeur des intervenants dans les différentes communautés de services, se réjouit-elle. Ça les a aidés à prendre mieux soin d’eux-mêmes pour pouvoir ensuite mieux prendre soin des patients. »

À la lumière de ses nombreuses contributions à la CCSM mais aussi à la santé en français au Manitoba en général depuis plus de 30 ans, Daniel Lussier décrit donc la récipiendaire comme « une femme engagée, visionnaire et humaniste, vraiment à l’image de sœur Margaret-Teresa-McDonell ».

Des compliments qui vont droit au cœur de Lorette Beaudry Ferland, de même que son Prix. « Je suis très surprise et touchée de recevoir le Prix Margaret-Teresa-McDonell, une Sœur Grise, car j’ai toujours voulu continuer le travail des Sœurs Grises et des autres religieuses avant-gardistes comme elles, termine-t-elle. Elles ont su mettre en place des services de santé en français quand il n’en existait pas, pour mieux répondre aux besoins de la communauté.

« C’est extrêmement important, surtout que des études ont prouvé qu’on guérit plus vite quand on est servi dans sa langue maternelle. Ça, il faut le dire haut et fort à la population en général. Il faut qu’elle comprenne le pourquoi de notre combat pour les services en français. Ce n’est pas juste un caprice! »

La nouvelle récipiendaire prévoit continuer de s’impliquer dans des œuvres de la CCSM, et peut-être aussi dans le dossier des services de soins palliatifs aux aînés francophones, un dossier qui lui tient à cœur.